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Lydia: « L’herpès, ce n’est pas la fin du monde! »




Je m’appelle Lydia. Quand j’étais au secondaire, on nous a montré des images horribles (et très exagérées) de toutes les ITSS dans nos cours d’éducation sexuelle. J'ai retenu que dans la vie, il fallait à tout prix les éviter si on ne voulait pas se transformer en pustule humaine. J’ai donc compris qu’il fallait utiliser le condom et se faire dépister régulièrement. J’avais particulièrement peur de l’herpès génital: cette infection incurable qui était à mes yeux la pire de toutes!


J’ai pourtant reçu mon diagnostic quelques mois plus tard. J’avais 17 ans et je venais de débuter ma vie sexuelle avec mon tout premier copain. J’ai vécu un choc! Il me l’avait transmis après un rapport oro-génital. Et oui! J’ai appris du même coup que mon copain avait déjà eu un feu sauvage dans le passé, et que les feux sauvages étaient de l’herpès. Alors que je croyais que ça n’arrivait qu’aux personnes qui cumulent beaucoup de partenaires sexuels et qui ne se protègent pas, j’ai compris que mes préjugés étaient faux. J’étais déboussolée, car on ne m’avait pas dit que l’herpès ne faisait pas partie du dépistage de routine!


Douze ans ont passées depuis cette journée. La bonne nouvelle, c’est que mon diagnostic n’a pratiquement aucun impact au niveau physique. Je n’ai que de légers symptômes une fois tous les deux ans. Alors non, l’herpès, ce n’est pas la fin du monde! Cependant, l’ignorance des gens et les préjugés sont plus difficiles à vivre.

J’ai été témoin de nombreuses blagues sur l’herpès au fil des années, parfois même de la part de mes propres ami(e)s (qui ne savent rien de mon histoire). Par exemple, il y a la fameuse blague du verre: « Tiens, goûte à mon verre, mais j’espère que tu n’as pas l’herpès hihihi! ». J’ai parfois envie de répondre : « Ne t’inquiète pas, je l’ai seulement au niveau génital! ».


S’il vous arrive de faire ce genre de blague, sachez que vous êtes probablement en train de rire de votre ami, d’un membre de votre famille, ou bien de vous-même! Prenez pour acquis qu’une grande partie de la population est porteuse du virus (même sans symptôme).

Je ne vous blâme pas, j’aurais peut-être moi-même fait ce genre de commentaire si j’étais moins bien informée! Je remets d’ailleurs en question l’efficacité des cours d’éducation sexuelle que j’ai reçus à l’époque. J’ai appris par la peur plutôt que par le partage d’informations.


Ceci étant dit, le fait de dépister l’herpès uniquement lors de la présence de symptômes favorise aussi, selon moi, la stigmatisation. Combien de personnes contribuent aux préjugés alors qu’ils sont eux-mêmes porteurs sans le savoir? Combien ont déjà remarqué des symptômes, mais les ont confondus avec autre chose, comme un poil incarné? Je suis consciente que cela ne changera pas de sitôt, alors j’espère simplement que mon témoignage puisse aider à faire diminuer les préjugés de certaines personnes, ce qui permettrait aux personnes symptomatiques de mieux vivre leur situation ☺

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